La qualité du sommeil, et non le nombre d’heures affiché sur le réveil, pourrait expliquer pourquoi huit heures complètes de sommeil vous laissent encore épuisé. Cette plainte revient constamment dans les communautés de fatigue : le tracker enregistre huit heures, l’objectif est atteint, et le corps se réveille pourtant comme s’il n’avait jamais reposé. La question qui se cache derrière tout cela est de savoir si l’objectif des huit heures fait plus de mal que de bien, ou si les heures n’ont jamais vraiment été le sujet.
Partie 01 : Qualité du sommeil contre durée du sommeil : pourquoi 8 heures ne suffisent pas
Huit heures est devenue la réponse par défaut à la question de savoir combien de sommeil les adultes ont besoin. Dans une déclaration de consensus conjointe publiée en 2015, l’American Academy of Sleep Medicine et la Sleep Research Society ont recommandé que les adultes âgés de 18 à 60 ans dorment sept heures ou plus par nuit de manière régulière (Watson et al., 2015). Huit est le nombre que la plupart des gens retiennent à la place. La recommandation n’est pas fausse. Elle est incomplète.
Le temps passé au lit et le temps de sommeil sont deux mesures différentes. La première compte tout : les minutes passées à attendre de s’endormir, les minutes passées éveillé au milieu de la nuit et les minutes passées éveillé allongé avant l’alarme. La seconde ne compte que le sommeil lui-même. Une personne peut passer huit heures au lit et dormir considérablement moins que cela.
Le rapport entre les deux s’appelle l’efficacité du sommeil, et les cliniciens l’utilisent comme mesure de travail de la qualité du sommeil. Lorsque l’efficacité baisse, le fonctionnement diurne tend à baisser avec elle, même lorsque le temps total passé au lit semble adéquat sur le papier. La qualité du sommeil, en d’autres termes, est ce que la règle des huit heures suppose en silence.
Qualité du sommeil contre temps passé au lit : le chiffre qui compte le plus
L’efficacité du sommeil n’est pas une abstraction de recherche. C’est le chiffre que les cliniciens vérifient en premier lorsque quelqu’un se plaint de se réveiller sans être reposé, car elle sépare le temps passé au lit du temps réellement endormi. Deux personnes peuvent enregistrer les mêmes huit heures et se retrouver avec des quantités très différentes de sommeil réparateur.

Partie 02 : Quand la qualité du sommeil est elle-même le problème
Pour certaines personnes, la qualité du sommeil est le problème même lorsque l’horloge dit que c’est suffisant. Le sommeil est fragmenté, trop superficiel ou interrompu assez souvent pour que le cerveau ne termine jamais les stades qui accomplissent le travail réparateur.
Une expérience contrôlée publiée en 1997 a démontré ce point clairement (Martin et al., 1997). Des volontaires ont dormi sans interruption une nuit et ont eu leur sommeil fragmenté une autre nuit, avec des interruptions environ une fois par minute. Le temps de sommeil total a à peine bougé : environ 419 minutes sans interruption contre 414 minutes fragmentées. L’architecture, elle, a bougé. Le sommeil lent profond, le stade le plus profond, est passé de 24 pour cent à 20 pour cent. Les volontaires étaient objectivement plus somnolents le lendemain, et leur humeur à 7 h du matin était moins bonne.
Les événements de fragmentation ne doivent pas réveiller complètement la personne. Des irrégularités respiratoires, une apnée du sommeil légère et même le bruit ou une chambre trop chaude peuvent produire des micro-éveils dont le dormeur ne se souvient jamais. La nuit semble ininterrompue. Les stades du sommeil, eux, ne le sont pas. C’est une raison pour laquelle une mauvaise qualité du sommeil peut persister pendant des années sans que personne ne l’identifie.

Partie 03 : Quand la qualité du sommeil est bonne et que quelque chose d’autre vous épuise
L’autre possibilité est que la qualité du sommeil fasse son travail et que quelque chose d’autre vide le réservoir. C’est ici que les analyses de sang entrent en jeu, et que quelques valeurs de laboratoire que les visites de routine négligent souvent peuvent compter plus que prévu.
La ferritine : la valeur de laboratoire que la plupart des bilans de fatigue oublient
La ferritine est la protéine qui stocke le fer, et elle reflète les réserves de fer bien avant que l’hémoglobine ne commence à baisser. Un essai en double aveugle, randomisé et contrôlé par placebo publié dans le BMJ en 2003 a testé si une supplémentation en fer aide les femmes souffrant d’une fatigue inexpliquée qui n’étaient pas anémiques (Verdon et al., 2003). L’essai a recruté 144 femmes âgées de 18 à 55 ans et les a réparties entre 80 mg de fer élémentaire par jour et un placebo pendant quatre semaines.
La fatigue a diminué de 29 pour cent dans le groupe fer et de 13 pour cent dans le groupe placebo, soit une différence de 0,95 point sur une échelle de 10 (P = 0,004). Le résultat du sous-groupe est ce qui a marqué les esprits. Lorsque les chercheurs ont réparti les participantes selon leur taux de ferritine, seules les femmes ayant une ferritine égale ou inférieure à 50 microgrammes par litre se sont améliorées. Chez les autres, le fer n’a fait que peu de différence.
L’effet était modeste, autodéclaré et limité à un seul sexe, il doit donc être lu avec la prudence appropriée. Il pointe quand même quelque chose d’utile : une hémoglobine normale n’exclut pas des réserves de fer faibles. Le fer n’est pas non plus un complément à prendre à la légère. L’excès de fer est nocif, et une supplémentation sans carence documentée comporte un risque réel ; les analyses de sang et le jugement d’un clinicien passent donc en premier.
La fonction thyroïdienne, la vitamine B12 et la vitamine D complètent la courte liste des valeurs qui apparaissent dans la fatigue inexpliquée. Aucune d’entre elles n’explique tous les cas, et chacune a son propre schéma de symptômes. Ensemble, elles couvrent une grande partie de ce qu’un bilan de fatigue standard peut réellement trouver.

Partie 04 : L’angle de l’énergie cellulaire derrière une mauvaise qualité du sommeil
Il y a une troisième couche qui se trouve à la fois sous la qualité du sommeil et sous les valeurs de laboratoire : l’efficacité avec laquelle les cellules du corps convertissent les nutriments en énergie utilisable. La fatigue qui survit à un sommeil adéquat et à des analyses de sang normales finit souvent ici, dans les mitochondries.
Ce que le NADH fait pour l’énergie cellulaire
Le NADH est la forme réduite de la nicotinamide adénine dinucléotide, une coenzyme qui donne des électrons au premier complexe de la chaîne de transport d’électrons mitochondriale. Cette étape se situe en amont de la synthèse d’ATP, la monnaie énergétique que les cellules dépensent pour tout, de la contraction musculaire à la production de neurotransmetteurs. Le NADH sert également de cofacteur dans la synthèse de la dopamine et de la noradrénaline et participe à l’équilibre redox cellulaire qui régit le stress oxydatif.
En raison de ce rôle, le NADH a été étudié dans des populations dont le symptôme caractéristique est une fatigue que le sommeil ne résout pas.
Les preuves humaines sur le NADH et la qualité du sommeil
Le premier essai contrôlé par placebo est arrivé en 1999 (Forsyth et al., 1999). Vingt-six patients répondant aux critères des CDC pour le syndrome de fatigue chronique ont complété une étude randomisée, en double aveugle et croisée de 10 mg de NADH oral stabilisé contre placebo, quatre semaines par bras. Huit des 26 participants (31 pour cent) ont répondu favorablement au NADH, contre deux sur 26 (8 pour cent) sous placebo. L’essai était petit, il a été financé par le fabricant du produit testé, et les auteurs l’ont décrit comme une étude pilote. Aucun effet indésirable grave n’a été rapporté.
Un essai plus vaste et plus instructif a suivi en 2021 (Castro-Marrero et al., 2021). Les chercheurs ont réparti au hasard 207 personnes atteintes d’encéphalomyélite myalgique/syndrome de fatigue chronique entre 200 mg de coenzyme Q10 plus 20 mg de NADH par jour et un placebo, pendant douze semaines. Le groupe supplémenté a montré une réduction significative de la fatigue cognitive perçue (P < 0,001), une amélioration de l’échelle d’impact de la fatigue en 40 items (P = 0,022) et une meilleure qualité de vie liée à la santé (P < 0,05). Deux mesures du sommeil ont également bougé : la durée du sommeil s’est améliorée à la visite de quatre semaines (P = 0,018) et l’efficacité habituelle du sommeil s’est améliorée à huit semaines (P = 0,038).<<
Les deux résultats sur le sommeil étaient des changements intragroupe au fil du temps plutôt que des comparaisons directes contre le placebo, et l’essai a recruté des personnes souffrant d’une fatigue diagnostiquée plutôt que des adultes en bonne santé. Les résultats soutiennent une direction de recherche, et non une affirmation générale sur la qualité du sommeil dans la population dans son ensemble.

Pourquoi le format d’administration compte pour le NADH
Les critères d’évaluation de cette recherche méritent un second regard. Ce qui a changé n’était pas une lecture de laboratoire des niveaux de NAD+, mais la manière dont les participants ont rapporté se sentir et dormir : fatigue auto-évaluée, fatigue cognitive perçue, durée du sommeil et efficacité habituelle du sommeil (Forsyth et al., 1999 ; Castro-Marrero et al., 2021). Cet ensemble plus large de mesures explique en partie pourquoi le NADH continue d’apparaître dans la recherche sur la qualité du sommeil plutôt que d’être rangé comme un précurseur de NAD+ de plus, et c’est aussi pourquoi le format d’administration reçoit tant d’attention. Un composé doit arriver sous une forme utilisable avant que l’une quelconque de ces mesures puisse bouger.
Si le NADH est instable à l’extérieur du corps, il l’est encore plus à l’intérieur. La molécule est sensible à la chaleur, à la lumière, à l’humidité, à l’oxygène et à l’acide gastrique, c’est pourquoi les comprimés et gélules simples peuvent perdre de leur puissance sur l’étagère ou se dégrader avant l’absorption. Des formats d’administration stabilisés ont été développés pour résoudre ce problème.
Le Celfavor NADH de Celfull utilise une microsphère à libération prolongée conçue pour rester stable dans l’environnement gastrique. L’entreprise rapporte que la technologie a obtenu des brevets aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Chine, au Japon et en Corée du Sud. Ce sont des affirmations du fabricant concernant un format d’administration plutôt que des affirmations de résultats cliniques, et elles n’ont pas été vérifiées de manière indépendante dans des essais humains en comparaison directe.

(Microsphères de Celfavor™ NADH)
Partie 05 : Des nutriments qui apparaissent dans la recherche sur la qualité du sommeil
Au-delà du fer et du NADH, deux autres nutriments apparaissent régulièrement dans la recherche sur la qualité du sommeil. Ni l’un ni l’autre n’est un sédatif. Les deux interviennent dans des voies que le corps utilise déjà pour réguler le sommeil.
Le magnésium et la qualité du sommeil chez les personnes âgées
Un essai en double aveugle, randomisé et contrôlé par placebo publié dans le Journal of Research in Medical Sciences en 2012 a administré à 46 personnes âgées souffrant d’insomnie primaire 500 mg de magnésium ou un placebo par jour pendant huit semaines (Abbasi et al., 2012). Par rapport au placebo, le groupe magnésium a montré un temps de sommeil plus long (P = 0,002), une meilleure efficacité du sommeil (P = 0,03), des scores plus bas à l’Indice de sévérité de l’insomnie (P = 0,006), un délai d’endormissement plus court (P = 0,02), une mélatonine sérique plus élevée (P = 0,007) et un cortisol sérique plus bas (P = 0,008). Le temps de sommeil total dans son ensemble n’a pas différé significativement entre les groupes. L’échantillon était petit et la population était composée de personnes âgées souffrant d’un trouble d’insomnie diagnostiqué.
Le magnésium est généralement bien toléré à ces doses. Les personnes ayant une fonction rénale altérée ne devraient pas se supplémenter sans avis médical, car une clairance rénale réduite peut permettre au magnésium de s’accumuler.
La vitamine D et la qualité du sommeil
Un essai en double aveugle distinct a recruté 89 adultes âgés de 20 à 50 ans ayant une mauvaise qualité du sommeil sans trouble du sommeil diagnostiqué (Majid et al., 2018). Les participants ont reçu 50 000 UI de vitamine D3 toutes les deux semaines pendant huit semaines, soit une moyenne d’environ 3 571 UI par jour, ou un placebo. Les scores de qualité du sommeil se sont significativement améliorés dans le groupe supplémenté par rapport au placebo, accompagnés d’un délai d’endormissement plus court, d’une durée de sommeil plus longue et d’une meilleure qualité subjective du sommeil. L’essai a été mené dans un seul centre, et la vitamine D à forte dose n’est pas quelque chose à s’auto-administrer sans analyses de sang.
Partie 06 : Conclusion : la qualité du sommeil doit être mesurée, pas supposée
L’objectif des huit heures est un point de départ raisonnable, et les preuves en faveur de dormir au moins sept heures sont solides (Watson et al., 2015). Ce qu’il n’est pas, c’est une réponse complète. Lorsque les heures sont atteintes et que la fatigue persiste, la question utile passe de combien de temps à comment bien.
Cette question a plus d’une réponse possible. Une étude du sommeil peut identifier une fragmentation qui ne vous réveille jamais complètement (Martin et al., 1997). Un bilan sanguin incluant ferritine, vitamine B12, vitamine D et fonction thyroïdienne peut faire remonter à la surface un déficit que le bilan standard manque (Verdon et al., 2003). Pour la fatigue qui survit aux deux, les mitochondries et les coenzymes qui les alimentent restent un domaine légitime de recherche en cours (Forsyth et al., 1999 ; Castro-Marrero et al., 2021).
Certaines explications se situent complètement en dehors de la nutrition. Les facteurs psychologiques tels que la dépression, l’anxiété et le stress chronique figurent parmi les causes les plus courantes de fatigue persistante, et ils peuvent être présents même lorsque la personne se sent bien par ailleurs. Il en va de même de l’anatomie des voies aériennes : une voie aérienne étroite, une obstruction nasale ou une structure du cou qui rétrécit la gorge pendant le sommeil peut perturber la respiration plusieurs fois par nuit sans que le dormeur s’en aperçoive. La variation individuelle traverse tout cela. La qualité du sommeil n’est pas un problème avec une seule cause, et deux personnes ayant des données de tracker et des valeurs de laboratoire identiques peuvent être confrontées à des choses différentes.
Rien de tout cela ne remplace un clinicien. Cela suggère bien que le chiffre sur l’horloge n’a jamais été toute l’histoire, et que le traiter comme la seule variable est peut-être exactement la raison pour laquelle tant de personnes se réveillent huit heures plus tard encore fatiguées. La qualité du sommeil, contrairement à la durée du sommeil, doit être mesurée plutôt que supposée.
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